• Des réformes au formatage,transformation néolibérale de la société

     

     

    Il y a actuellement l'émergence d'un phénomène social négatif dans les sociétés occidentales, plus précisément une nouvelle classe sociale appelée le "précariat"

     

    Le terme "précariat" est un néologisme qui, en sociologie, désigne les travailleurs précaires comme une nouvelle classe sociale. Il est constitué des personnes qui, sur le marché du travail, sont en situation de précarité permanente, c'est-à-dire d'incertitude économique. Le précariat recouvre les CDD, les CNE, les conventions de stage, l'apprentissage, l'intérim, le travail clandestin, etc., auxquels on peut ajouter le temps partiel imposé.

     

    Le précariat rassemble des situations individuelles très variées en passant par les étudiants et les "travailleurs pauvres". Il a pour conséquence des revenus aléatoires et l'impossibilité de construire sa vie, faute de perspective d'avenir.

     

    En forte augmentation ces dernières années, hors travailleurs à temps partiel, il est évalué à 12,5% des salariés, en 2003.

     

     

    Le précariat apparaît comme la conséquence d'une évolution de l'organisation de la production capitaliste qui nécessite une force de travail de plus en plus flexible, mobile, s'exerçant de manière discontinue, dans ou hors de l'entreprise, etc. La précarité devient alors structurelle.

     

    (un néologisme formé de "précaire" et "prolétariat") en Europe et surtout aux États-Unis cette émergence est devenue possible grâce à la restructuration fondamentale du travail et du revenu social au cours du processus de mondialisation et de la politique néolibérale de la seconde moitié du XXe siècle. On peut trouver le prototype du précariat à l'époque des polis antiques, comme à l'époque de Marx, mais ce n'est qu'aujourd'hui que ce phénomène se manifeste en tant que système et ensemble de conceptions, et qu'il va bientôt atteindre sa phase finale de développement.

    La croissance du précariat est liée à un certain nombre de phénomènes sociaux et économiques qui modifient toute la structure de l'économie et de la société moderne. 

    Le Travail temporaire et la flexibilité du marché du travail.

    Tout a basculé en une journée. Le 14 septembre 2008, une crise financière mondiale, digne de celle de 1929, secoue la planète. 

    RECIT. 2008, au cœur de la crise financière

    La caractéristique principale du précariat est l'association entre le statut de travailleur temporaire avec un revenu instable, accompagné de périodes de chômage. La part des travailleurs temporaires en Occident a augmenté après la crise mondiale de 2008, qui a donné aux entreprises une excellente occasion de se débarrasser des employés permanents et de les embaucher sur une base contractuelle. La flexibilité du système du travail a automatiquement conduit à des salaires imprévisibles (sans parler de leur réduction).

    L'insécurité sociale

     

    Les relations "flexibles" du travail, conditionnées par la dépendance du marché envers l'offre et la demande, ont conduit à la violation de toutes les formes de garanties professionnelles et sociales (assurance-maladie, épargne-retraite, obligations financières, etc.). Au niveau fondamental, dans la société moderne, les citoyens sont remplacés par des "résidents" qui, surtout les jeunes, se transforment en nouveaux "nomades urbains". Il n'est pas accidentel que l'État traditionnel soit aujourd'hui déclaré désuet et atrophié.

    La sécurité de l'emploi du prolétariat était, au XXe siècle, garantie par sa représentation sociale, dont le précariat est privé en raison de sa taille variable, de sa composition hétérogène et de l'absence de formes collectives d'identité et d'expression sociales, ce qui fait naître la peur et conduit à la perte des repères et des valeurs, ainsi qu'à l'exclusion sociale et à un manque de confiance dans l'avenir. En même temps, le travailleur est forcé de "penser positivement" dans le contexte de la concurrence croissante, érigée en un culte absolu et principe de base de la vie sociale.

     

    Le secteur budgétaire qui assurait un emploi stable, des revenus et des garanties sociales, est devenu une cible facile pour les réformes néolibérales. Dès que les fonctionnaires ont commencé à exécuter les ordres de leurs supérieurs politiques concernant le passage aux marchés privés du travail, l'écart entre leur sécurité privilégiée et la situation du reste de la société est devenu criant. Il était clair que le moment où l'on allait imposer la flexibilité au secteur public lui-même n'était pas loin… L'attaque a commencé par des tentatives de commercialiser, de privatiser et de placer les services sur une base contractuelle".

     

    La transformation de l'enseignement en marchandise (commodification) et son inaccessibilité (aux États-Unis, les frais de scolarité augmentent plus vite que les revenus de la population) sont accompagnées par sa simplification, son infantilisation et sa dégradation qualitative. Aujourd'hui, on insiste de plus en plus sur la nécessité de renoncer à l'enseignement traditionnel classique et de passer à d'autres formes telles que l'enseignement à distance, les jeux éducatifs et la formation spécialisée.

     

    L'augmentation constante de l'âge de la retraite, le refus des frais et des cotisations de retraite de la part des entreprises et de l'État, l'instabilité des pensions dans le système des caisses de retraite sont devenus des phénomènes permanents de l'économie libérale moderne.

     

    La politique de l'enfer social

     

    Tous ces phénomènes ont un caractère négatif et douloureux pour la société, mais ils sont tous bénéfiques à la supersociété moderne, décrite en détail par Alexandre Zinoviev. Il s'agit non seulement de la préservation et de l'augmentation des profits pour le capital, mais, surtout, de la superpuissance. La société moderne, privée de subjectivité politique, sociale et économique que le prolétariat classique avait conservé, devient absolument gérable et dominable.

     

    On peut évaluer et comprendre les phénomènes sociaux seulement du point de vue d'un projet. Le précariat n'est rien d'autre qu'un projet entraînant la transformation inévitable de la société, qui pourrait être décrite plus précisément comme la continuation logique et le développement de l'"ancien" capitalisme.

     

    La dissimulation de cette transformation sociale s'opère en révisant les concepts gênants et en leur redonnant une dénomination "positive", par exemple: temps partiel, travail à distance, stagiaires, externalisation, offshore, contrat avec "temps zéro", etc. Ce sont juste quelques astuces idéologiques , implantées afin de dissimuler la flexibilité du travail. En même temps, le modèle social régressif est promu sous couvert du progrès indéniable.

     

    Cependant, la machine de l'endoctrinement de la société est tellement efficace que la majorité pense avoir un accès illimité à la consommation de masse et se croit sincèrement bénéficiaire du capitalisme libéral. Beaucoup considèrent les transformations décrites ci-dessus comme positives et opportunes!

     

     

     

    Extrait de l'Article original de Pavel Rodkine,

    Expert en stratégie de marque et communication visuelle, candidat en critique d'art, membre du Club Zinoviev de Rossiya Segodnya

     

    Notes:

    Définition de précariat

    CLUB ZINOVIEV

    « Sociétés commerciales, bancaires ,ces puissances supranationales Macron s’offre un anniversaire luxueux en Côte d’Ivoire »
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