• L’idéalisation du capitalisme se termine

     

     L’idéalisation du capitalisme se termine

    Depuis la fin des Trente Glorieuses,  le capitalisme  perd des croyants,des adeptes. 

    "Déclassés", "catégories sacrifiées","paupérisation". Les mots ne manquent pas pour décrire la situation des classes moyennes. Le  rapport de l'OCDE publié  mercredi 10 avril 2019, conclu que ces catégories des pays "développés" ont régressés  sur les trois dernières décennies. 

    "Les revenus agrégés de l'ensemble des revenus des classes moyennes étaient quatre fois plus importants que l'ensemble des revenus des catégories aisées il y a trente ans. Aujourd'hui, ce ratio n'est plus que de trois".

    La France d'en bas voit ses revenus bloqués, alors que ceux de celle d'en haut  explosent. Les inégalités sociales se sont accrues avec la fiscalité ; la consommation retrouve un caractère de classe.

    La pauvreté prend  racine  sur la durée avec les seuils d’affaissement qui en découlent . Plus d’un tiers des Français (37 %) ont déjà fait l’expérience de la pauvreté. Près de la moitié (47 %) des catégories socioprofessionnelles modestes (ouvriers et employés), ainsi que les personnes au revenu mensuel net inférieur à 1200 euros (61 %) sont aujourd’hui plus exposées à la pauvreté.

    Bernard Arnault ,lui continue de s’enrichir. Sa fortune atteint désormais 104,1 milliards de dollars (92,8 milliards d’euros), à l’heure où nous écrivons ces lignes, ce qui en fait le deuxième homme le plus riche du monde derrière Jeff Bezos, le fondateur d’Amazon. Sa fortune dépasse ainsi d’une courte tête celle de Bill Gates, le célèbre fondateur du géant Microsoft, qui n’affiche “que” 103,8 milliards de dollars (92,5 milliards d'euros) au compteur. LVMH, le numéro un mondial du luxe, a vu son cours de Bourse presque triplé en l’espace de seulement trois ans, si bien que le groupe affiche une capitalisation boursière de près de 195 milliards d’euros.

     

     

     

    L'expression "Trente Glorieuses" désigne la période d'une trentaine d'années qui a suivi la fin de la Seconde Guerre mondiale en 1945, jusqu'au premier choc pétrolier de 1973. C'est, pour les pays industrialisés occidentaux, une période de prospérité exceptionnelle. Les "Trente Glorieuses" se caractérisent par une forte croissance économique, le plein emploi, l'accroissement rapide du pouvoir d'achat et l'essor de la consommation de masse.

     

    Le mode de vie des français a plus évolué durant ces trois décennies que durant les deux siècles précédents et que le niveau de vie a été multiplié par 5 de 1945 à 1975, permettant un rattrapage technologique vis-à-vis des Etats-Unis. Le Produit intérieur brut (PIB) a été multiplié par 4,5 entre 1947 et 1973, ce qui correspond à une croissance annuelle moyenne record de 5,9%.

    La durée de cette période de croissance peut s'expliquer par :

    le travail des femmes qui augmente le revenu du foyer,

    le "baby boom" et l'accroissement de l'espérance de vie qui augmentent le nombre de consommateurs,

    la sécurisation des revenus par l'Etat-Providence : création de la Sécurité sociale, des Allocations Familiales, des régimes de retraite, instauration en 1950 du salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG),

    l'augmentation de la durée des congés payés (troisième semaine de congés payés en 1956, et quatrième en 1965) qui favorise le développement des dépenses de loisirs.

    Depuis

     

    Le panier moyen des produits de consommation courante des Français n’a jamais été aussi cher . Les hausses de prix sont sensibles jusque dans les enseignes de hard discount.

     

    Le prix moyen du panier, calculé sur la base de 35 produits de consommation courante répartis en 13 catégories, n’a jamais été aussi cher, à 139,50 €, soit une hausse de 2,6 % par rapport à 2017. 

     

    En ce qui concerne les « premiers prix »,  « une hausse particulièrement remarquable », de 6,9 % en moyenne, de ce type de produits, « et jusqu’à 13,4 % dans les hard-discounts ».Or, « contrairement à une idée reçue, les prix les plus bas se trouvent en hypermarchés et non en hard-discounts où ils ont littéralement explosé en 2018 (+14 % en un an) ».

     

    Entre 2008 et 2018, le panier « premier prix » a ainsi pris 4,9 %, à 104,80 € : « depuis 2014, le prix de ce panier n’a cessé d’augmenter avant d’atteindre son point culminant cette année », souligne Familles rurales, qui « s’inquiète de cette situation qui pénalise principalement les budgets les plus contraints »

     Pourquoi  ne peut on pas vivre correctement de son salaire dans ce pays ?

    Ceux qui s’imaginaient pouvoir vivre honnêtement de leur travail s’aperçoivent maintenant qu’ils ont été trompé .

    Pendant 30 ans, Alain a été animateur dans un centre de formation des apprentis du bâtiment. Il gagnait à l’époque 2000 € par mois, plus un treizième mois. «J’ai l’impression qu’au milieu des années 1980, quelque chose a commencé à se dérégler.Pour mener à bien les mutations,les « réformes » qui se heurtent à de fortes résistances, une remise en cause profonde de la démocratie sociale est nécessaire,cette remise en cause a pour origine  la révolution conservatrice de Thatcher et Reagan des années 80. Une vague néolibérale qui a bouleversé les États-Unis de R. Reagan à partir de 1980 et la Grande-Bretagne de M. Thatcher à partir de 1979. Dans ces deux pays s’impose une « révolution conservatrice », en référence à son caractère radical – il s’agit de revoir en profondeur le rôle de l’État –, mais aussi le "renouveau" conservateur qu’elle traduit,c'est à dire en réalité ,un retour à l'ancien temps.

    Le problème, c’est que je travaille et que je me déclasse tout en travaillant. Je me suis même appauvri par rapport à mes parents», explique Alain.

    Alain finit « tous les mois à découvert ».

    « J’ai baissé le chauffage, réglé le thermostat à 10 degrés dans la maison et installé en plus un poêle à granules. J’aimerais bien remplacer ma chaudière au fioul pour une chaudière plus écologique à condensation, mais ça coûte 15 000 €. » Quant à la voiture, c’est une Dacia d’occasion .

    «Quand j’entends Édouard Philippe dire que le gouvernement va nous donner 5000 € pour acheter une voiture qui en vaut 30 000 €, ça me fait hurler !», s’emporte ce Francilien qui aujourd’hui ne se sent plus le bienvenu à Paris. «Avant, j’y allais très souvent; maintenant, c’est une ville pour les riches et les touristes. Ce n’est plus une ville pour moi.»

    Il ressent un grand mépris de la part du système.

    Les « réformes » ont conduit à un appauvrissement généralisé

    « On voit un affaissement global du niveau de vie en France depuis 2008 », a indiqué mardi 20 novembre le directeur adjoint du département analyses et prévisions de l’Observatoire français des conjonctures économiques .

    Les ménages ont perdu en moyenne près de 500 euros de revenu disponible, a révélé l’OFCE . Cette baisse de revenus concerne une grande partie de la classe moyenne (67%) et s’explique par les réformes fiscales et sociales.

    La peur de basculer dans la pauvreté ne cesse de croître. Les craintes d’un avenir difficile guettent de plus en plus de personnes. L’enquête indique que 57 % des personnes interrogées ont redouté à un moment de leur vie de connaître la précarité. Et une majorité (84 %) pense que les risques que leurs enfants connaissent un jour la pauvreté sont plus élevés que pour eux. 

    • Les personnes les plus âgées, disposant de «petites retraites», ne peuvent se soigner et se nourrir de manière adéquate. Les «unités» de ces secteurs sociaux sont souvent isolées, ce qui expliquent l’affluence accrue de ces personnes dans les antennes du Secours populaire. Depuis 2010, l’association a constaté une augmentation de près de 50 % des demandes d’aide, venant particulièrement des femmes de plus de 60 ans.

    • La pauvreté prend donc racine et se sur la durée avec les seuils d’affaissement qui en découlent . Plus d’un tiers des Français (37 %) ont déjà fait l’expérience de la pauvreté. Près de la moitié (47 %) des catégories socioprofessionnelles modestes (ouvriers et employés), ainsi que les personnes au revenu mensuel net inférieur à 1200 euros (61 %) sont aujourd’hui plus exposées à la pauvreté.

    Ces résultats sont d’autant plus préoccupants qu’ils ne régressent pas. « La lente diminution du niveau de vie des 10 % les moins favorisés constitue un retournement historique de notre histoire sociale », souligne l’édition du «Rapport sur les inégalités». La crise de 2008 a touché essentiellement et durement les milieux populaires : les plus pauvres continuent à s’appauvrir.

    • Plus d’un Français sur deux s’est dit à un moment de sa vie qu’il était sur le point de basculer dans la précarité et cette proportion augmente. Le seuil de pauvreté subjectif moyen: 1113 euros (plus 45 euros). La CSG est la Contribution social généralisée qui touche tous les revenus, y compris ceux des retraité•e•s. La contribution pour le remboursement de la dette sociale (CRDS) est un impôt créé en 1996 dans le but de résorber l’endettement de la Sécurité sociale.

    Une hausse importante des demandes d’aides

    • L’aggravation de la pauvreté, elle, est constatée par les responsables du Secours populaire français à travers tout l’Hexagone. Aucun signe notable d’amélioration du quotidien des plus démunis. Bien au contraire. Les bénévoles font face à une augmentation des demandes d’aides allant de 15 à 50 % dans certains départements, comme dans la Loire, la Loire-Atlantique, la Haute-Garonne,  l’Hérault…

    • La situation se détériore pour les travailleurs précaires, les personnes en fin de droits, les jeunes, les personnes âgées.Une France qui compte près de 9 millions de pauvres et où leur nombre a augmenté en dix ans de 1,2 million au seuil de 60 % du niveau de vie médian.

    Contrairement à ce que laisse entendre Emmanuel Macron, le montant du smic mensuel net ne sera pas revalorisé de 100 euros au 1er janvier 2019. Le salaire minimum ne bénéficiera que de la hausse légale automatique prévue par la loi, qui devrait être d’environ 1,8% (soit environ 25 euros net).

    La hausse de la prime d’activité sera moins avantageuse pour les salariés que ne l’aurait été une hausse de leur salaire à proprement parler.

    En effet, la prime d’activité n’est pas soumise aux cotisations sociales. Son montant ne sera donc pas pris en compte au moment où le salarié partira à la retraite pour calculer le niveau de sa pension.

     

     

    La forte compression de la classe moyenne, provoquée par les forces de l'automatisation et de la mondialisation, n'est pas finie. Elle engendrera en retour une polarisation des sociétés occidentales en deux groupes : une classe riche et prospère au sommet et un groupe, beaucoup plus nombreux, de personne dont le travail consiste à servir la classe riche.

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    De nos jours, le monde est dominé par une force unique,  une idéologie unique,  un parti unique mondialiste. La constitution de ce dernier a débuté, elle aussi, à l'époque de la guerre froide, quand des superstructures transnationales ont progressivement commencé à se constituer sous les formes les plus diverses : sociétés commerciales, bancaires, politiques, médiatiques. Malgré leurs différents secteurs d'activités, ces forces étaient unies par leur nature supranationale.

    Notes:

    Pauvreté «extrêmement préoccupante» en France, selon le Secours populaire

    «Il y a une aggravation de la situation, un développement de la pauvreté sous des formes que nous n'avions pas connues. La situation aurait plutôt tendance à s'étendre, ce qui nous paraît extrêmement préoccupant»
    «Il y a les effets de la diminution du montant des retraites»

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  • Commentaires

    1
    Samedi 23 Janvier à 17:27

    Il y a quelques  années j'ai écrit : Néolibéralisme et euthanasie des classes moyennes :

    http://www.comite-valmy.org/spip.php?article933

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