• La destruction des emplois de la classe moyenne s’accélère

    La destruction des emplois de la classe moyenne s’accélère

     

    Une étude informe de  la raréfaction, voire la disparition des emplois traditionnellement occupés par les classes moyennes et souligne la polarisation du marché de l’emploi français. Une évolution qui renforce le déclassement irréversible des populations fragilisées.

    Depuis le début de la crise bancaire et financière de 2008-2011, les classes moyennes voient leurs perspectives d’avenir diminuer comme peau de chagrin. C’est la conclusion d’une étude du Centre pour la recherche économique et ses applications (CEPREMAP) portant sur la «polarisation de l’emploi» dans l’Hexagone. Pour ses auteurs, le marché du travail français a été durablement marqué par l’essor des nouvelles technologies depuis le milieu des années 1990, conduisant à un double mouvement: la baisse des emplois traditionnellement occupés par la classe moyenne (professions intermédiaires, employés de bureau...) d’une part, et la hausse des emplois des classes supérieures et inférieures d’autre part.

     

    Fragilisés par l’automatisation et la délocalisation, les postes des classes moyennes ont vu leur part dans l’emploi total baisser ces dernières années: aujourd’hui, ils ont «disparu ou se sont raréfiés». Cette tendance de long terme a été accentuée par le choc qui a frappé l’économie mondiale, entre 2008 et 2011. «La crise a aggravé les forces profondes et structurantes de la mondialisation», expliquent les deux économistes à l’origine de l’étude. Selon eux, en effet, cette période difficile a poussé les entreprises à «s’adapter rapidement» aux nouvelles réalités ainsi qu’à «réduire les coûts», en coupant en priorité là où les besoins étaient moindres. Or les emplois intermédiaires sont plus touchés par l’automatisation que les autres: le «remplacement des tâches routinières affecte surtout les travailleurs situés au milieu de la distribution des salaires», écrivent-ils.

    Dès lors, les classes moyennes ont vu leurs perspectives professionnelles se réduire rapidement, et plus vite encore depuis la crise.

    Les auteurs alertent donc sur ce mouvement de «polarisation» du marché de l’emploi, qui n’est par ailleurs pas également ressenti selon les secteurs: certains, comme la construction et la production industrielle, l’ont traversé plus durement. La France doit faire face à une diminution de la part des emplois pour les travailleurs à salaire intermédiaire et une augmentation de la part des emplois hautement et faiblement rémunérés», concluent les deux économistes.

     

    Ces conclusions font écho à la colère des classes moyennes, inquiètes pour leur avenir, à laquelle le gouvernement se trouve confronté. L’enjeu central de l’étude est dans l’air du temps: «la polarisation des emplois contribue de manière importante aux inégalités», écrivent les auteurs, et cette mutation a été plus rapide en France que dans d’autres pays, comme aux États-Unis ou au Royaume-Uni. Si les travailleurs les plus qualifiés pourront bénéficier de ce mouvement, ceux ayant des emplois traditionnels et une faible formation risquent de faire face à de fortes difficultés professionnelles. Il leur sera aussi plus difficile de se reconvertir en cas de perte d’emploi.

    Les ménages ont perdu en moyenne 510 euros depuis 2008 à cause des mesures fiscales et sociales

    Entre 2008 et 2016, le revenu disponible des ménages a enregistré une baisse moyenne de 1,2% soit 440 euros, sous l'effet conjugué de multiples facteurs. 

    La politique économique, par les effets qu'elle a pu avoir sur le marché du travail, l'évolution de l'emploi, les salaires, associés aux mesures socio-fiscales et notamment les mesures qui ont conduit à réduire les déficits depuis 2011 et 2014 avec un choc fiscal majeur, ont conduit à un appauvrissement généralisé. Quand on regarde les dix années avant 2008, on avait une augmentation du niveau de vie moyen qui était importante, de l'ordre de 400 à 500 euros par an. Il y a bien  une baisse du niveau de vie.

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    La forte compression de la classe moyenne, provoquée par les forces de l'automatisation et de la mondialisation, n'est pas finie. Elle engendrera en retour une polarisation des sociétés occidentales en deux groupes : une classe riche et prospère au sommet et un groupe, beaucoup plus nombreux, de personne dont le travail consiste à servir la classe riche. 

    Notes:

    Depuis la crise de 2008, la destruction des emplois de la classe moyenne s’accélère

    L'automobile a délocalisé dans les pays à bas coûts

     

     

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