• Les grandes entreprises veulent plus d'immigration

    L’immigration est au départ été un phénomène patronal. Ceux qui veulent toujours plus d’immigration, ce sont les grandes entreprises.

     

    Pierre Gattaz : l’accueil des migrants est « une opportunité pour notre pays »:Pierre Gattaz : l’accueil des migrants est « une opportunité pour notre pays »

    Au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, les immigrés vont de plus en plus fréquemment venir des pays du Maghreb, Algérie d’abord, puis Maroc. Des camions affrétés par les grandes entreprises (surtout dans le secteur automobile et le bâtiment) viennent par centaines les recruter sur place. De 1962 à 1974, près de deux millions d’immigrés supplémentaires vont ainsi gagner la France, dont 550 000 recrutés par l’Office national d’immigration (ONI), organisme géré par l’Etat, mais contrôlé en sous-main par le patronat. Depuis lors, la vague n’a cessé de s’amplifier.  

        « Quand il y a pénurie de main-d’œuvre dans un secteur, de deux choses l’une, soit on augmente les salaires, soit on fait appel à la main-d’œuvre étrangère. C’est généralement la seconde option qui restera privilégiée par le Conseil national du patronat français (CNPF), puis, à partir de 1998, par le Mouvement des entreprises (Medef) qui prend sa succession. Choix témoignant d’une volonté de profits à court terme, qui devait retarder d’autant l’amélioration des outils de production et l’innovation en matière industrielle. 

     

    Cette immigration est conforme à l’esprit même du capitalisme, qui tend à l’abolition des frontières (« laissez faire, laissez passer »). « Obéissant à la logique du dumping social, un marché du travail “low cost” s’est ainsi créé avec des “sans-papiers” peu qualifiés faisant office de bouche-trou. 

        « Laissez passer les hommes, mais aussi les capitaux et les marchandises ; telle est la doctrine de la Commission européenne. Mieux : laissez passer les hommes pour mieux rentabiliser le mouvement des capitaux et des marchandises »

    Le libéral Philippe Nemo confirme ces observations : « Il y a en Europe des responsables économiques qui rêvent de faire venir en Europe une main-d’œuvre bon marché capable, d’abord, d’occuper certains emplois pour lesquels la main-d’œuvre locale est jugée "insuffisante", ensuite de peser sensiblement à la baisse sur les salaires des autres travailleurs européens. Ces lobbies, qui ont tous les moyens de se faire entendre tant des gouvernements nationaux que de la Commission de Bruxelles, sont donc favorables tant à l’immigration en général qu’à un élargissement de l’Europe qui faciliterait considérablement les migrations du travail. Ils ont raison du point de vue qui est le leur, c’est-à-dire selon une logique purement économique […] Le problème est qu’on ne peut raisonner ici selon une logique seulement économique, puisque l’afflux en Europe de populations exogènes a aussi des conséquences sociologiques lourdes.

     

    Telle est aussi l’opinion des experts. C’est ce qu’a montré un rapport du Conseil d’analyse économique (CAE), organisme dépendant directement des services de Matignon. Intitulé Immigration, qualification et marché du travail, ce document explique d’abord que la notion de « pénurie de main-d’œuvre », traditionnellement alléguée pour justifier le recours à l’immigration, ne signifie à peu près rien en période de chômage. « Du point de vue de la science économique, la notion de pénurie n’est pas évidente », peut-on lire dans le texte, car le « fait que certains natifs rejettent certains types d’emploi peut simplement signifier que les travailleurs ont de meilleures opportunités que d’occuper ces emplois, et donc que les salaires correspondants devraient augmenter pour qu’ils soient pourvus » (p. 45). Ce qui montre très clairement que la pénurie ne se forme que lorsqu’un secteur n’offre pas des salaires suffisants – et que le recours à l’immigration est en fait un moyen de ne pas augmenter les salaires, quitte à créer artificiellement une « pénurie » que l’on comblera en allant chercher ailleurs une main-d’œuvre acceptant d’être sous-payée. Le rapport conclut d’ailleurs que, « dans le cas du marché du travail, cela signifie qu’à la place de l’immigration des années 1960 on aurait pu envisager une hausse du salaire des moins qualifiés » (p. 46).

        Le même document recense par ailleurs une série d’études qui ont tenté, en France comme à l’étranger, de chiffrer l’impact de l’immigration sur les salaires : « Une hausse de la proportion d’immigrés d’un point de pourcentage réduit le salaire de 1,2 % […] Boris conclut son étude en affirmant qu’entre 1980 et 2000, l’immigration aurait accueilli l’offre de travail d’environ 11 %, ce qui aurait réduit le salaire des natifs d’environ 3,2 % » 

     

     Les immigrés constituent plus que jamais l’armée de réserve du capital.

       On ne peut qu’être frappé, à cet égard, de voir comment les réseaux « sans-papiéristes » , croyant trouver dans les immigrés un  prolétariat de substitution, servent les intérêts du patronat. Réseaux mafieux, passeurs d’hommes et de marchandises, grands patrons, militants « humanitaires », employeurs « au noir »  : tous sont adeptes de l’abolition des frontières par le libre-échangisme mondial.

    Les restaurateurs veulent pouvoir embaucher des migrants...

    Les restaurateurs veulent pouvoir embaucher des migrants

    Selon l’enquête annuelle de ManpowerGroup sur les pénuries de talents, les métiers de l’hôtellerie-restauration sont les premiers à souffrir d’un manque de main d’œuvre  Pour Magalie, 28ans, serveuse aux 13ans d’expérience, « c’est tellement mal payé… et dur ». Pour Vincent, professionnel aguerri, chef de cuisine au beau parcours : « tu travailles à l’envers des autres, décalé. C’est ça le plus dur, et c’est mal payé. ». Heures de travail calées sur celles normalement allouées à la détente, port de lourdes charges, brûlures, coupures, journées d’onze heures passées debout enfermé, à piétiner, coupées entre matin et soir, sans compter vies sociales et familiales difficiles à entretenir. Vincent lassé de 19 ans passés en cuisine, dont trois ans à Vonnas, atypique petit village gastronomique marqué au fer de la famille Blanc, au marketing parfait et grouillant de cuisiniers,  en témoigne: « chez Georges Blanc je n’avais carrément pas de congé ! Et ma femme qui travaillait aussi en restauration n’arrivait quand même pas à comprendre et accepter… ». Enfin bref, on est loin du rêve qu’on nous vend.

     

    Les petits apprentis

     

    Vincent a suivi une formation de cuisine, service et bar, il y a 19 ans dans l’Ain : « à 16 ans je suis arrivé en apprentissage, je faisais 15h par jour : mise en place et service du midi, l’après-midi j’allais tuer les grenouilles pour le service du soir. Je terminais à 1h du matin et c’était normal !». Avouant par ailleurs que « maintenant ils font plus attention aux heures, c’est plus réglementé. ». De plus certains apprentis endossent des rôles importants, car « ils prennent la place qu’ils sont capables de prendre », pouvant aller jusqu’à se voir offrir de grandes responsabilités, à moindre coût, maximum 61% du SMIC seulement, pour les plus de 21 ans. « Quand j’étais en apprentissage, le second est parti. Je l’ai remplacé, ils n’en ont pas recruté d’autre… Je leurs coûtais 1000 frs par mois. ». Venant du monde entier et très prisés des maisons hautement gastronomiques, quelques stagiaires étrangers sont carrément rentables, recherchés pour leur côté pécuniairement intéressant, ayant pour particularité de payer leurs formations, et non de se faire rémunérer : « L’année doit leurs coûter 3000 euros, elle est répartie entre semaines de cours, peu fréquentes, et apprentissage, payé au restaurateur. Parce qu’ici tu apprends les vraies méthodes, découpes en salle, etc.…». Vincent en qualité de second de la Petite Auberge, avoue avoir vu défiler bon nombre de lucratifs apprentis internationaux, à raison de 3 stagiaires pour 5 salariés.

     

    Une économie souterraine 

     

    Côté paye, les salaires sont laissés libres aux bonnes appréciations des patrons, débutant au SMIC hôtelier dans le pire des cas, principalement pour des étudiants sans expérience, et pouvant monter jusqu’à 4000euros mensuels pour un saisonnier très bien payé. La plupart des revenus de professionnels en restauration traditionnelle oscillent cependant entre 1200 et 3000euros nets mensuels, bien souvent selon les facultés de négociations des employés, dont une partie entendue est payée en cash, sous les belles tables nappées. Le dernier rapport de l’URSAFF pointe du doigt cette particularité en plaçant une fois de plus la restauration en tête de liste des dissimulateurs de travail, avec 5,8% de travail totalement ou partiellement illégal dans le secteur des CHR (Les Echos du 2 Août 12). Force est de constater que peu d’établissements se font contrôler et que « 70% font du black, selon Vincent : quasiment partout où je suis passé j’y ai eu affaire, surtout en traiteurs, évènementiel, et en saisons. Ca va jusqu’à 50% voire 60% de la paye déclarée. Ce peut être du liquide, ou des heures fictives ajoutées, ce qui se passait quand je travaillais dans un conseil général pour des prestations. Pout atteindre mon taux horaire, le maître d’hôtel ajoutait des heures non travaillées. ». Magalie, elle, n’est pas habituée à négocier ses payes, et n’a vu de black que chez les traiteurs : « ils payent en liquide, la plupart du temps c’est 10euros de l’heure, bien moins que si le salaire était déclaré, en comptant les charges que les patrons doivent payer ! ». Le « black » est légion dans le domaine, au détriment des cotisations sociales des salariés. Quant aux fiches de paye, attestations Assedic, voire salaires, les employés de tous acabits déplorent le fait d’être obligés de se battre pour réclamer leurs dus en temps et heures, dont certains ne voient d’ailleurs jamais la couleur. 

     

    Là où coiffer requiert diplômes et compétences avérées, en restauration, quand « quelqu’un de débrouillard arrive à une place, fait un essai, on le prend. Diplôme ou pas diplôme ! », atteste Vincent. Le service, hors restaurants gastronomiques, est lui considéré comme facile, ou il suffirait de savoir « porter 2 ou 3 assiettes », dénigré et vu comme une sorte de voie de garage professionnelle, où tout un chacun enclin à des problèmes financiers peut aller sans souci ni qualification. C’est le cas de nombreux étudiants en quête de leur argent de l’année, doublant alors professionnels avertis, et décontenancés par un marché du travail déréglé. Magalie a son avis sur ces situations de plus en plus fréquentes : « les étudiants sont plus faciles, comme ils n’ont pas d’expérience, ils sont sous-payés, au SMIC. Et parce qu’ils ne s’y connaissent pas, ils sont modelables. Alors que pour un serveur, sans responsabilité, à 42h par semaine, la paye devrait tourner autour de 1500 euros nets minimum. » Elle en a fait l’amère expérience en se faisant embaucher pour la saison d’été dans un snack-salon de thé d’Avignon : « après avoir été recrutée par le directeur de salle, ‟professionnel”, les patrons n’ont pas été contents de voir mon cv : ils ne cherchaient que des étudiants, pour la saison, pour pouvoir gagner des sous et les payer au lance-pierre. Et mon cv ne les a pas empêchés de me payer 1060euros, sans les heures supplémentaires qui devaient être obligatoirement rattrapées en jours de congés. Mais on ne pouvait rien rattraper tant la charge de travail était importante : j’avais toutes les responsabilités, de l’ouverture, à l’encaissement, au nettoyage des frigos de la cuisine… Je suis partie, et j’ai été remplacée non pas par un étudiant, mais plusieurs ! Forcément ! ». Cuisiniers et serveurs font régulièrement face à des chefs d’entreprises plus qu’à de véritables connaisseurs, passionnés de Gastronomie, et qui n’hésitent pas, en refusant de participer aux charges sociales, à se servir sur les payes des employés. Alors la restauration, esclavage moderne ?

     

    Sarah Wagenknecht, la chef de file du parti  « Die Linke » au Bundestag, s’est prononcée en faveur d’une réduction de l’immigration en Allemagne. Elle décrit l’immigration économique comme une menace sur les bas salaires, la main d’œuvre immigrée ayant tendance à tirer les salaires vers le bas, menaçant ainsi les classes ouvrières allemandes. Ses propos ont été relayés par Die Welt, journal de centre-gauche allemand.

    Sarah Wagenknecht, figure de la gauche radicale en Allemagne : « L’immigration de travail est un problème »

     

    A découvrir,

    Le 8 octobre 2015 ,Angela Merkel proclamait « j’ai un plan »

    le plan Merkel,concernant les "réfugiés" et son financement:

     

    Les financiers de cette « Initiative pour la Stabilité Européenne »…

     

    "Le cercle d’influence dit « ‘Initiative pour la Stabilité Européenne », de Gerald Knaus lié à George Soros,  est en effet financé par une liste impressionnante de donateurs. Leur site Internet en dresse une liste.Cette liste inclut, en plus des Fondations pour une Société Ouverte de Soros, la Fondation [Stiftung] allemande Mercator, liée à Soros, et la Fondation Robert Bosch. Les financiers de l’ISE incluent également la Commission Européenne. Ensuite, assez curieusement la liste des fondateurs de ce « Plan Merkel » inclut une organisation au nom tout à fait orwellien : l’Institut des États-Unis pour la Paix [United States Institute of Peace].Quelques recherches suffisent à révéler que cet Institut des États-Unis pour la Paix a tout sauf un arrière-plan pacifique. L’Institut des États-Unis pour la Paix est en effet présidé par Stephen Hadley, l’ancien Conseiller à la Sécurité Nationale durant l’Administration des néoconservateurs fauteurs de guerre Bush-Cheney. Son Conseil des Directeurs inclut également Ashton B. Carter, l’actuel qu’on néoconservateurs Secrétaire à la Défense de l’Administration Obama ; le Secrétaire d’État John Kerry ; le Major General [Général de Division] Frederick M. Padilla, Président de l’Université américaine pour la Défense Nationale [US National Defense University]. Voici donc quelques-uns des architectes vétérans de la stratégie de « Dominance Plein Spectre«  du Pentagone américain".

     

     

    Notes:

    Cuisine et service: l'ingratitude de la restauration

    Les restaurateurs veulent pouvoir embaucher des migrants

    Pierre Gattaz : l’accueil des migrants est « une opportunité pour notre pays »

     

     

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