• Les ménages de la classe moyenne de plus en plus mécontents de la situation économique

    La stagnation du niveau de vie des classes moyennes dans les pays de l’OCDE s’accompagne de sentiments antimondialistes et augmentent à mesure des désillusions .

    De nombreux ménages à revenu intermédiaire sont exposés à un risque considérable de basculement dans la catégorie des revenus inférieurs.

    Extrait du rapport de l'OCDE du 10 Avril 2019

    Dans de nombreux pays de l’OCDE ;

    le coût des composants essentiels du mode de vie tels que le logement et l’enseignement supérieur notamment a augmenté plus rapidement que le revenu ; de plus, la précarité de l’emploi s’est aggravée dans un contexte de mutation rapide du marché du travail. Aujourd’hui, la classe moyenne ressemble de plus en plus à un bateau dans la tempête.

     

    Les ménages de la classe moyenne de plus en plus mécontents de la situation économique

    Fondamentalement, l’incertitude croissante découle du fait que les possibilités de gravir les échelons pour les personnes de la classe moyenne et leurs enfants sont moins nombreuses que par le passé et que les risques de déclassement sont plus élevés. La mobilité sociale aux différentes étapes de la vie est limitée : le niveau d’instruction, la situation au regard de l’emploi, les revenus et même l’état de santé sont très persistants d’une génération à l’autre. Les deux cinquièmes

    des écarts de revenu entre les pères se transmettent à la génération suivante (OCDE, 2018). De nombreux ménages à revenu intermédiaire sont exposés à un risque considérable de basculement dans la catégorie des revenus inférieurs : un ménage sur sept faisant partie des 60 % qui se situent au milieu de la distribution des revenus et un ménage sur cinq appartenant au deuxième quintile de revenu le plus bas basculent dans la catégorie des 20 % de ménages les plus pauvres sur une période de quatre ans. Ces risques ont augmenté au cours des vingt dernières années dans de nombreux pays de l'OCDE.

    Au cours des trois dernières décennies, les revenus de la classe moyenne n’ont quasiment pas augmenté et ont même stagné dans certains pays.

    Les revenus médians ont augmenté d’un tiers de moins que le revenu moyen des 10 % les plus riches. De plus, dans certains pays, la part des revenus les plus élevés a grimpé en flèche ; ainsi, aux États-Unis, la part des 1 % de revenus les plus élevés sur le revenu total a presque doublé au cours des trois dernières décennies, passant d’environ 11 % à 20 %, et cette catégorie de revenus a enregistré près de la moitié de la hausse totale des revenus sur cette période (Förster et al., 2014[30]; Saez, 2018). Par conséquent, l’influence économique de la classe moyenne et son rôle de « centre de gravité de l’économie » se sont affaiblis. Il y a trente ans, le revenu agrégé de tous les ménages à revenu intermédiaire était quatre fois supérieur à celui des ménages à haut revenu.

    Le mode de vie de la classe moyenne est donc plus difficile à adopter que par le passé en raison de la forte hausse des prix du logement et d’autres biens de consommation importants qui caractérisent la classe moyenne (Blank, 2010[37]). Le logement, en particulier, est essentiel : avec environ un tiers du revenu disponible, il constitue le poste de dépenses le plus important pour les ménages à revenu intermédiaire, contre environ un quart dans les années 1990. Malgré d’importantes variations à l’intérieur des pays, le coût du logement a augmenté plus d’un tiers plus vite que le revenu médian des ménages au cours des trois dernières décennies. Le logement est plus qu’un simple bien de consommation : dans de nombreux pays, l’appartenance à la classe moyenne est traditionnellement associée à la possession d’une maison, de sorte que la flambée des prix des maisons a porté atteinte au sentiment même d’appartenance à la classe moyenne. La hausse du prix des maisons entrave également la mobilité de la main-d’œuvre vers les zones urbaines les plus dynamiques et, plus généralement, la mobilité sociale ascendante, les générations actuelles et futures étant moins en mesure d’acheter une propriété que leurs parents .

    Les ménages de la classe moyenne sont de plus en plus mécontents de la situation économique. Dans ce contexte, la stagnation du niveau de vie des classes moyennes dans les pays de l’OCDE s’accompagne de sentiments antimondialistes et augmentent à mesure que l’effritement de la classe moyenne engendre des désillusions et porte atteinte à l’engagement politique, ou incite les électeurs à se tourner vers des politiques contestataires et protectionnistes . L’instabilité politique est l’un des principaux vecteurs par lesquels la pression qui s’exerce sur la classe moyenne est susceptible de nuire à l’investissement et à la croissance économiques . Les sentiments accrus de vulnérabilité, d’incertitude et d’anxiété se traduisent par une plus forte défiance vis-à-vis de l’intégration mondiale et des institutions publiques (OCDE, 2017[44]). La confiance est non seulement essentielle au bon fonctionnement de toute société, mais constitue également un important facteur de croissance économique. Une confiance sociale accrue réduit les coûts de transaction et renforce l’innovation (Gould and Hijzen, 2016[45]; Madland, 2015[46]). En outre, les sociétés dotées d’une classe moyenne forte connaissent également une amélioration de la confiance sociale et des résultats scolaires, une baisse de la criminalité, une amélioration des résultats sur le plan de la santé et une plus grande satisfaction à l’égard de l’existence (Kelly, 2000[47]; Lynch and Kaplan, 1997[48]; Graves, 2017[49]; Thorson, 2014[50]). La classe moyenne contribue à la stabilité politique et à la bonne gouvernance. Elle empêche la polarisation politique et favorise la conciliation au sein du gouvernement (Madland, 2015[46]). Les classes moyennes jettent également des bases solides pour l’édification d’un état démocratique, non seulement en contribuant à son financement par les impôts qu’elles versent, mais également en exigeant des réglementations, le respect des contrats et de la règle du droit (Birdsall, 2016[51]). 1.8. Les politiques doivent être adaptées aux nouvelles difficultés auxquelles sont confrontés les ménages de la classe moyenne Dans l’ensemble, l’anxiété et le sentiment d’incertitude des ménages de la classe moyenne sont alimentés par trois grandes difficultés auxquelles les décideurs doivent faire face : 1. La classe moyenne estime que le système socioéconomique actuel est injuste : les revenus intermédiaires augmentent beaucoup plus lentement que les revenus supérieurs depuis plus de trois décennies maintenant . De plus en plus de personnes, notamment au sein des ménages à revenu intermédiaire inférieur, estiment qu’elles contribuent beaucoup plus à l’État-providence par leurs impôts qu’elles ne reçoivent en retour sous forme de prestations et de services. 2. Le mode de vie de la classe moyenne est de plus en plus cher : le coût d’un mode de vie « typique » de la classe moyenne a augmenté plus vite que le revenu. Comme nous l’avons expliqué, cela est dû notamment au fait que les prix du logement, de la santé et de l’éducation ont augmenté plus vite que l’inflation, mais s’explique aussi peut-être par l’adoption de modes de consommation qui tendent à « imiter » ceux de la classe supérieure, ce qui a entraîné une cascade de dépenses inabordables9 . Il est inquiétant de constater que ces tendances ont également entraîné une augmentation de la charge de la dette qui pèse sur les familles de la classe moyenne, ce qui n’est pas viable à long terme. Les perspectives de revenus de la classe moyenne sont de plus en plus incertaines : les membres des ménages de la classe moyenne craignent que la révolution numérique ne détruise leurs emplois. De fait, un travailleur à revenu intermédiaire actuel sur six occupe un emploi à risque élevé d’automatisation, un risque plus proche de celui auxquels sont exposés les travailleurs à bas revenu (un sur cinq) que de celui auxquels sont exposés les travailleurs à haut revenu (un sur dix)

    La situation se détériore pour les travailleurs précaires, les personnes en fin de droits, les jeunes, les personnes âgées.Dans une France qui compte près de 9 millions de pauvres et où leur nombre a augmenté en dix ans de 1,2 million au seuil de 60 % du niveau de vie médian, les Français ne restent pas indifférents : ils sont 57 % à avoir redouté à un moment de leur vie de connaître la précarité. Encore plus inquiets pour la génération à venir, 84 % pensent que les risques que leurs enfants connaissent un jour la pauvreté sont plus élevés que pour eux.
    Le niveau de vie moyen est inférieur à celui de 2008. Il y a un affaissement global du niveau de vie en France et cela concerne l'ensemble des catégories. C'est quelque chose d'extrêmement marquant. 
    Les ménages ont perdu en moyenne près de 500 euros de revenu disponible, a révélé l'OFCE . Cette baisse de revenus concerne une grande partie de la classe moyenne (67%) et s'explique par les réformes fiscales et sociales

    Notes:

    "On voit un affaissement global du niveau de vie en France depuis 2008"

    SOUS PRESSION : LA CLASSE MOYENNE EN PERTE DE VITESSE © OCDE 2019

    « De la guerre froide à aujourd'hui,la culture sous influence ...La fraude fiscale s’est adaptée »
    Partager via Gmail Delicious Technorati Yahoo! Google Bookmarks Blogmarks Pin It

    Tags Tags : ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :