• Prix Nobel d'économie?Gare à l'intox!

    Prix Nobel d'économie?Gare à l'intox!

     

    Esther Duflo prix Nobel...

    Le chef de l'Etat a salué le "magnifique Prix Nobel" d'économie attribué lundi à Esther Duflo. 

    Emmanuel Macron a salué le "magnifique Prix Nobel" d'économie attribué lundi à la Franco-Américaine Esther Duflo qui rappelle, selon le chef de l'Etat, que les économistes français sont "actuellement au meilleur niveau mondial".

    "Le magnifique prix Nobel d'Esther Duflo rappelle que les économistes français sont actuellement au meilleur niveau mondial et montre que les recherches dans ce domaine peuvent avoir un impact concret sur le bien-être de l'humanité", a déclaré le président de la République sur Twitter.

    Mais qui est Esther Duflo:

    Esther Duflo est corédactrice des revues Review of Economics and Statistics et Journal of Development Economics ; en 2007, elle est nommée rédacteur fondateur de la revue American Economic Journal: Applied Economics.

     

    Fin 2012, elle est nommée au sein du President’s Global Development Council, un organisme américain chargé de conseiller le président des États-Unis Barack Obama ainsi que les hauts dirigeants de l’administration sur les questions de développement.

    En 2012, elle obtient la nationalité américaine.

    En 2015, elle est codirecteur de J-Pal, laboratoire Abdul Latif Jameel 

    Prix Nobel d'économie?Gare à l'intox!

    Membre de  l'Académie américaine des arts et des sciences et de l'Académie des technologies, elle siège depuis 2018 au conseil scientifique de l'Éducation nationale.

    Elle obtient aujourd'hui le prix de la Banque de Suède en sciences économiques  aux côtés de son époux Abhijit Banerjee et de Michael Kremer, pour leurs travaux sur la "lutte contre la pauvreté".

     

    Le prix Nobel d'Economie, instrument de propagande du néolibéralisme ?

    Dans “The Nobel Factor”, deux chercheurs démontrent comment ce prix a été créé pour battre en brèche la social-démocratie, et faire progresser la place donnée au marché.

    Préambule : le “Nobel d’économie” n’existe pas. On appelle improprement “Nobel” le prix fondé en 1968 par la banque centrale de Suède qui fêtait cette année-là son trois-centième anniversaire. Mais la Sveriges Riksbank a alors agi en parfaite intelligence avec l’officielle académie Nobel. Donc l’abus de langage, bien pratique, n’est qu’un péché véniel.

     

    Plus intéressant est le rôle joué par ce “prix de la Sveriges Riksbank en mémoire d’Alfred Nobel” (son titre officiel choisi pour ménager le descendant d’Alfred Nobel). A-t-il une influence sur la recherche économique, et donc sur les politiques économiques? C’est la conviction de deux historiens de l’économie, Avner Offer (université d’Oxford) et Gabriel Söderberg (Université d’Uppsala), qui ont publié  un livre à charge contre le prix : “The Nobel Factor” (Princeton University Press). Leur thèse : le prix créé il y a près d’un demi-siècle a été une machine de guerre visant à légitimer le tournant néolibéral des années 70 et 80. Il a facilité le remplacement du vieux modèle social-démocrate par celui de l’économie de marché débridée.

     

     

    Une onction au “consensus de Washington”

     Le "Consensus de Washington" désigne un accord tacite du Fonds Monétaire International (FMI) et de la Banque mondiale (BM), avec le soutien du Trésor américain, pour n'accorder des aides financières aux pays en développement en difficulté (endettement, hyperinflation, déficits budgétaires, etc.) qu'à la condition que ceux-ci adoptent des politiques inspirées des thèses de John Williamson.Cette politique économique bénéficie du contexte international avec la chute du communisme et est guidée par la doctrine économique, néolibérale, voire ultralibérale.  Définition du consensus de Washington

    Ce virage, porté par Margaret Thatcher en Angleterre et Ronald Reagan aux Etats-Unis, s’est appuyé sur une école de pensée : l’école de Chicago. Le pape de ce courant de pensée était l’économiste monétariste Milton Friedman (Nobel 1976). Ces économistes étaient convaincus que dans l’économie, l’Etat était le problème, jamais la solution. Il fallait donc privatiser tout ce qu’on pouvait, retirer la planche à billets des pattes des gouvernements, réduire les dépenses publiques, déréglementer les marchés… A Longchamp ,lors de l'université d’été du Medef rebaptisé "La rencontre des entrepreneurs de France"le patron du Medef Geoffroy Roux de Bézieux   a déclaré s'inspirer du libéral américain Milton Friedman...

    L'Etat n'a plus le monopole de l'intérêt général proclame le patron du MEDEF

     

     

    Ces théories, développées par plusieurs professeurs de l’université de Chicago, se sont répandues, en rupture avec le keynésianisme qui dominait jusqu’alors la pensée économique. La monnaie est devenu un sujet central (il fallait alors combattre l’inflation), puis la finance. Le marché dérégulé est devenu à la mode, avec les effets que l’on sait : insécurité économique et sociale, crises financières, corruption, inégalités, et au final rejet des élites.

     

    Pour Offer et Söderberg, le prix Nobel a joué un grand rôle dans cette histoire, en apportant une caution à des théories qui n’étaient pas forcément étayées par des approches expérimentales et qui étaient orthogonales par rapport à la pensée dominante des années 50 et 60.

     

     

    Au final, le Prix Nobel d’économie apparaît selon Offer et Söderberg comme une ruse de propagandiste . Selon les auteurs de “The Nobel Factor”

     

    Notes:

    Le prix Nobel d'Economie, instrument de propagande du néolibéralisme ?

    Emmanuel Macron salue le "magnifique Prix Nobel" d'Esther Duflo

     

    « Le bon coté du mur?...LES RETRAITÉS SONT MOINS BIEN LOTIS EN FRANCE QU'À L'ÉTRANGER »
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