• Quand les Français ont dit non à l’Europe.

    Le référendum français sur le traité établissant une constitution pour l'Europe (aussi appelé traité de Rome II ou traité de Rome de 2004) eut lieu le 29 mai 2005. À la question « Approuvez-vous le projet de loi qui autorise la ratification du traité établissant une constitution pour l'Europe ? », le « non » recueille 54,68 % des suffrages exprimés.

    Le résultat surprend les commentateurs politiques, alors que les partisans du « oui » avaient bénéficié de 71 % des intentions dans les médias télévisés entre le 1er janvier et le 31 mars.

    Le résultat négatif du référendum, joint à celui des Pays-Bas trois jours plus tard, a scellé le sort du traité.Il s'agissait du troisième référendum sur un traité européen, après ceux de 1972 et 1992, mais il fut le premier à être rejeté

     

    L'histoire du mépris de la parole de l'électeur qui a entraîné la France dans une fracture sociale et démocratique . 

     

    Avec pour issue un divorce majeur entre la France « d’en haut » et celle « d’en bas. »Ce documentaire raconte comment le rejet d’une Europe libérale n’a cessé de creuser une fracture démocratique entre deux France.Le 29 mai 2005, les Français ont rejeté par référendum le Traité de Constitution européenne. 

    « Non, nous ne poursuivrons pas dans cette voie ». 

    Les Français, comme d’autres citoyens de l'Europe, lancent un avertissement sans précédent aux institutions de Bruxelles et aux partis politiques. 

    Non à l'Europe de l'austérité et du libéralisme.C’est une rupture majeure sur ce chemin entamé au lendemain de la Seconde Guerre mondiale.Ce texte, tout en compromis et lourdeurs institutionnelles, devait passer comme une lettre à la poste.Du moins, c’est ce que tous s’imaginaient, politiques, observateurs, journalistes, instituts de sondages... Mais les Français se sont emparés du débat qui a permis de poser des questions fondamentales sur l'économie, la démocratie, les institutions. Cette agora a duré un an, de l’annonce du référendum jusqu'au jour du vote. C'est à cette Europe-là, technocratique et libérale, ultra-libérale, que les Français ont dit non le en mai 2005.

     

    Comment « le plus grand rapt démocratique de la Ve République », a-t-il été possible ?Ce vote a provoqué un violent séisme dans la vie politique française.La victoire du Non a été vilipendée dans de nombreux médias et la majorité de la classe politique. 

    Les Français ont été traités de « populistes, de poujadistes ou d’analphabètes. » 

    La presse française détenue à 80% par les milliardaires s'est attribuée un rôle ,celui de faire de la pédagogie.

    A défaut de faire son travail d'information..

    Quand les Français ont dit non à l’Europe.

    Photo:Nicolas Sarkozy, et les présidents de la Commission et du Parlement européens José Manuel Barroso et Hans-Gert Pöttering, ont tous trois plaidé pour une "Europe unie" derrière le Traité de Lisbonne, lors d'un Conseil national de l'UMP  à Paris:Sarkozy et Barroso plaident pour une Europe "unie" autour du Traité de Lisbonne Nicolas Sarkozy le 5 juillet 2008 au Conseil national de l'UMP 

    Trois ans plus tard, sous la présidence de Nicolas Sarkozy, la majorité des députés de droite et des socialistes ont contourné le vote populaire de 2005 en adoptant la loi de ratification du Traité de Lisbonne, copie conforme de la constitution européenne. 

    En commettant ce déni de démocratie, le parlement a bafoué le vote des Français.

    Du référendum de 2005 à la fin du quinquennat de François Hollande, ce film raconte l’autisme politique et le mépris de la parole citoyenne qui ont entraîné le pays dans une fracture sociale et démocratique . 

    C’est une plongée dans les coulisses d’un divorce majeur entre la France « d’en haut » et celle « d’en bas. »

     

     

     

    Ce sont bien ces technocrates de la haute finance qui, privés en outre de toute légitimité démocratique puisque ce ne sont pas les peuples qui les ont élus, se voient aujourd'hui ,une trentaine d'année après la réunification allemande soudain propulsés, sans que nous n’ayons jamais été consultés sur la question, à la gestion de nos gouvernements.

    Autant dire, effectivement, que c’est bien l’économie qui détermine aujourd’hui, au déni de toute démocratie, la politique.

    Parmi les institutions les plus perméables aux lobbys, l’Union européenne se détache incontestablement. Avec plus de 10 000 organisations inscrites au registre officiel des lobbys, Bruxelles est la capitale européenne des intérêts privés. Les chiffres ont de quoi effrayer: ce sont 30 000 personnes qui sont présentes à Bruxelles dans le seul but d’influencer la décision politique, soit deux fois plus que le nombre de fonctionnaires européens. La lutte est déséquilibrée: pour un député européen, on compte 40 lobbyistes. Et lorsque les mandats politiques s’achèvent, nombreux sont les anciens commissaires européens ou députés à rejoindre les lobbys: 50% des anciens commissaires et 30% des députés, pour être précis. On se souvient de José Manuel Barroso, président de la Commission européenne pendant dix ans, devenu lobbyiste sitôt son mandat terminé au profit de la banque américaine Goldman Sachs.

     

    Quand les Français ont dit non à l’Europe.

     

    L'ancien président de la Commission européenne Jose Manuel Barroso, passé  à la banque Goldman Sachs  l'été 2016  

     

    Comment espérer, dans ce contexte, que la décision politique serve l’intérêt général? Prenons un exemple: la lutte contre l’évasion fiscale. Soi-disant un cheval de bataille de l’exécutif européen. Or, qui tire les ficelles de la politique européenne en la matière, Les quatre plus grands groupes mondiaux d’audit financier – Deloitte, PwC, Ernst & Young et KPMG – ceux-là mêmes qui sont responsables des montages fiscaux permettant aux entreprises de s’affranchir de l’impôt....

    Barroso n’est pas le premier dirigeant européen à partir bosser pour la gigantesque banque d’affaires américaine.

    Romano Prodi, son prédécesseur à la tête de la Commission entre 1999 et 2004, avait été recruté pour conseiller la banque américaine entre 1990 et 1993, puis après 1997, sur les questions internationales.

    Commissaire européen à la Concurrence entre 1985 et 1989, directeur général du Gatt puis de l’OMC de 1993 à 1995, l’Irlandais Peter Sutherland a, lui, été président non exécutif de la filiale européenne de la banque (Goldman Sachs International) entre 1995 et 2015. C’est ce thatchérien pur sucre que Barroso est appelé à remplacer au sein des instances de la banque américaine.

    Mario Draghi était chargé des « entreprises et pays souverains »

    Mario Monti, commissaire européen au Marché intérieur, puis à la Concurrence entre 1995 et 2004, est devenu conseiller international de Goldman Sachs dès 2005. Aujourd’hui, après avoir dirigé un gouvernement « technique » en Italie entre 2011 et 2013, il est toujours dans le circuit des institutions européennes : il reste « conseiller spécial » auprès de la commissaire au Budget Kristalina Georgieva en tant que président du groupe de haut niveau sur les ressources propres de l’Union européenne.

    Mais c’est un autre Italien qui, à juste titre, concentre tous les regards : Mario Draghi, président de la Banque centrale européenne (BCE) depuis 2011, a été le vice-président de Goldman Sachs pour l’Europe entre 2002 et 2005. Nommé associé, il était chargé des « entreprises et pays souverains ». L’une de ses missions consistait alors à vendre aux États des produits financiers complexes, permettant notamment de dissimuler une partie de la dette souveraine, comme en Grèce. Mais Draghi a toujours dit tout ignorer de ces maquillages, ce qui a suffi à convaincre les chefs d’État et de gouvernement de la zone euro…

    La banque américaine spéculait sur les marchés en vue d’une faillite de la Grèce

    Ex-membre du directoire de la Bundesbank et chef économiste de la BCE, l’Allemand Otmar Issing a aussi été conseiller de Goldman Sachs. En 2010, il avait été pris la main dans le sac : il avait publié une virulente tribune dans le Financial Times contre tout plan de sauvetage de la Grèce, en dissimulant ce ménage grassement rémunéré, alors que la banque américaine spéculait sur les marchés en vue d’une faillite du pays…

    En Grèce, Goldman Sachs a pu compter également sur d’autres employés : l’économiste Lucas Papademos qui, après avoir participé au maquillage des comptes publics sous sa houlette à la fin des années 1990 en tant que gouverneur de la Banque centrale hellénique, a été premier ministre en 2011-2012 ; et son ex-trader Petros Christodoulou qui, en 2010, devient patron de l’agence de l’organisme de la gestion de la dette publique grecque.

     

    On le voit avec Barroso, l’idylle entre les dirigeants de l’Union européenne et Goldman Sachs n’est pas que du passé… La Commission dirigée par Jean-Claude Juncker compte encore un ex de la banque américaine : figure de l’implantation du programme d’austérité dans son pays en 2011, le Portugais Carlos Moedas, commissaire à la Recherche, la Science et l’Innovation depuis 2014, a également travaillé chez Goldman Sachs au début des années 2000. 

     

     

    Loin de se vouloir au départ une entité politique, encore moins sociale, c’est  un espace uniquement économique fondé sur la libre circulation des marchandises et donc, essentiellement capitaliste, dont notre Union Européenne elle-même naquit en 1957, avec le traité de Rome. Preuve en est que cette actuelle UE se dénomma longtemps, jusqu’en 1992 (date de l’entrée en vigueur du plus politique traité de Maastricht), "Communauté Économique Européenne", appellation alors synthétisée sous le sigle de CEE. Dans un grand marché européen sans barrières commerciales, où les capitaux et les marchandises peuvent circuler librement,autrement dit le paradis rêvé du capitalisme, les usines s'installent là où c'est le plus rentable, c’est-à-dire le moins cher. Dans les pays de l'Est les salaires sont bas, alors que la formation et la productivité en usine est tout à fait semblable à la nôtre, voire meilleure. En Slovaquie, le Smic est de 480 euros par mois, contre 1.500 bruts chez nous,une mine d'or à exploiter!: 

    salaire minimum en Slovaquie: 480 euros

     

    Notes:

    L'UE des lobbys,pas de la démocratie

    Le mal grandissant des lobbies

    Référendum français sur le traité établissant une constitution pour l'Europe

    Référendum de 2005 : 14 ans après le «non» français, l'UE toujours en délicatesse avec la démocratie

    Les hommes de Goldman Sachs en europe

    « Une chute planifiée ,celle du mur de BerlinAdenauer avait d'anciens nazis dans son gouvernement »
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